Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...
vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!
mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!
6-Retrouvailles
- Au nom de la Loi, je vous arrête pour conduite dangereuse dans une ruelle ! Veuillez immobiliser votre véhicule !
Un terrible juron naqôn explosa dans les haut-parleurs. L’homme ne savait pas que Galç le filait depuis une bonne demi-heure dans ses acrobaties et attendait de le choper au corps à corps. Il braqua d’un coup son véhicule, ses réacteurs à pleine fusion et monta en trombe sur quelques mètres, puis stoppa brutalement. Son véhicule semblait pris de hoquet.
- J’ai dit : arrêter votre véhicule ! ordonna Galç, le doigt enfoncé sur la gâchette. Celui-là avait bien failli lui échapper.
Résigné, le naqôn abaissa le feu de ses réacteurs, jusqu’au strict minimum pour rester en vol stationnaire. Galç se rapprocha, rayons tracteurs toujours tirés, et expulsa un sabot. L’engin, grand comme le poing, gris et carré, alla se coller au mono fautif. Quelques secondes plus tard, le naqôn avait perdu le contrôle de son véhicule. René, l’ordinateur de Galç, le pilotait. En quelques minutes, le naqôn fut amené au commissariat, et il en sortit une demi-heure plus tard, furieux et à pied. Son véhicule appartenait désormais à Géant Ymir, qui allait le donner en cadeau à un de ses employés, et, en plus, il avait écopé d’une amende de huit cent ganzas pour excès de vitesse, plus une autre de trois mille pour refus d’obéissance.
Galç regardait partir l’homme en souriant. Après tout, il l’avait cherché, ce minable. Avec un peu de chance, on lui attribuerait le véhicule de ce chauffard. Son précédent cadeau était déjà complètement dépassé. On le lui avait offert deux ans plus tôt.
Il sortit de l’habitacle, échangea un rapide salut avec Tyanpèle, le mécano, et se dirigea vers le mess des officiers. Une bonne lèfe, trois potes, voilà tout ce dont on avait besoin. En s’approchant de la pièce déjà enfumée, il distingua dans l’embrasure une silhouette familière, mais qu’il ne reconnut pas. La tête était noyée dans un océan de fumée ondulante, et en plus, il était sûr qu’il n’avait jamais vu cette personne ici. Cependant...
Cinq mètres plus près, plus de doute, c’était bien sa femme qui l’attendait, sourire au lèvre. C’était tellement rare cette mimique sur sa bouche que Galç sentit la bonne surprise. Il demanda quand même la raison de sa venue. Aekanaïl s’effaça, et laissa place à un solide militaire. Galç eut du mal à reconnaître cette tête d’elfe mûr, hâlé par le soleil quotidien et blessé par les terribles entraînements. Il ne put s’empêcher de serrer son fils dans ses bras, et Kel Thal ne put éviter l’étreinte paternelle, combien humilante en public. Mais il y avait peu de monde au mess, juste Main de Fer, un ami nain de Galç, qui tenait tranquillement sa pipe de sa main droite et roulait sa longue barbe blanche de l’autre, ses joues rougies de plaisir.
- Mais, tu en avais encore pour cinquante ans dans les camps d’entraînement !
- Affirmatif. Cependant, j’ai gagné le Yantan Yantan, et le Prince m’a accordé une perm’ pour venir te voir.
- On boit une lèfe ? Ça sera mieux pour parler. Wolà ! Tacy-Burn ! Two feles and one iced coffee !
- Yes sir ! répondit une voix surgie du comptoir. Juste après, un homme à la peau glabre, portant trois verres pleins à rabord, s’avançant vers leur table.
-Do you want anything else ?
-Voulez encore quelque chose ? traduisit Galç.
- Non, ça va, merci, répondit Kel Thal.
- Un petit citron me déplairait pas.
- And one lime, please.
- All right, sir.
Tandis que le serveur s’éloignait, Main de Fer prit sa chaise et la déposa à côté de Galç. Kel Thal réprima sa répugnance de voir un nain si près de lui. Mais lui et son père paraissaient bons amis. C’était bien ce qu’il craignait…
“Cette canaille de jœrt s’était finalement calmée : je crois même qu’on avait finalement pactisé assez vite. Je ne savais pas alors pourquoi, mais j’étais sûr que mon origine algaratte y était pour beaucoup dans cette amitié. Mais surtout, ce qui m’intriguait au plus haut point, c’était l’intérêt qu’il avait porté à mon Alguerett. Il m’avait posé tout un tas de question . Comment avais-je survécu, qu’y faisais-je ? Qui étaient mes parents ? L’insistance de sa curiosité était étrange, inexplicable. A moins que... à moins que cet elfe qui mangeait sa viande fumée, proprement, comme un elfe, n’était... Lan-Mec’h-l’idiot-la-brute. Je reconsidérais mon compagnon de route. Lan-Mec’h ? Ça ? Certes, les muscles étaient là, aussi noueux qu’avant, les traits du visage paraissaient toujours durs, aplatis et la taille de l’épée correspondait tout à fait au style rentre-dedans du Lan-Mec’h que j’avais connu. Mais, les propos que l’elfe m’avait tenus étaient cohérents. Ce n’étaient pas des aboiements. Il possédait une arbalète d’une facture assez complexe, et il me semblait fortement douteux que mon Lan-Mec’h ait jamais compris le concept même d’une arme plus subtile que la massue. Et puis, il y avait sa prestance. Même s’il avait des habitudes qu’il avait dû contracter aux contacts de guerriers humains, il ne se conduisait pas comme une bête féroce, mais bien comme un elfe. Son frère, alors ? J’optais pour.
Le soleil baignait la plaine de ces rayons dardants, faisait ruisseler l’or des épis, et étinceler Baldassian. Un vent heureusement frais, déboulant de derrière les rochers à l’ombre desquels nous nous reposions, me rafraîchissait, et soulevait une mèche qui d’ordinaire me gêne la vue. J’avais déboutonné ma chemise afin de me libérer un peu le ventre, même si à l’époque il était bien maigre.
Nous avions parlé longtemps dans la nuit, et je crois bien que je ne m’étais finalement endormi qu’à l’aube. Je dormais paisiblement du sommeil du juste, quand on me réveilla brutalement. Encore tout embrumé, je mis du temps à comprendre les paroles prononcées à voix basse. J’ouvris les yeux et aperçut Elmerr. Il susurrait quelque chose : “Lève-toi, crétin, lève-toi donc !”. N’en voyant pas la nécessité, je me retournai et fermai les yeux. Je fis évidemment semblant de dormir, certain que mon hôte me réveillerait d’une façon ou d’une autre. Je m’étais préparé à être secoué dans tous les sens, et voilà que je fus emporté dans les airs, à toute vitesse. Il y avait sous moi une sorte de tapis verdâtre, quelque chose qui allait vraiment très vite. Je fus à nouveau soulevé comme un fêtu de paille, et me retrouvai assis à califourchon sur cette chose qui allait très vite. Elmerr se tenait juste derrière moi, m’enserrant dans ses bras. Je regardai mes pieds, et je criai. Ou plutôt ma bouche s’ouvrit, mais rien n’en sortit. L’elfe venait d’y plaquer violement sa main. Je marmonnai, tentai de me dégager, mais rien ne put y arriver.
- Bouge pas, idiot. Il y une troupe de trolls dans les environs, qui fonce droit vers nous. Les rochers nous cachent encore, mais je t’assure qu’ils ne vont pas mettre longtemps à découvrir nos odeurs. Et là...
Dès qu’il lâcha son étreinte, je l’agonis d’injures et lui demandai :
- Et alors ? Ta licorne, elle est invisble, non ? T’as pas un sort pour nous rendre aussi invisible ?
- À grande vitesse, ça marche assez mal. Mais bon…
Elmerr se revêtit de sa cape brune, et la referma de telle sorte que Lod soit à l’intérieur.
Tu sais que tu es une enfoirée, Arcandil ?
La ferme, répondit la claymore. T’as voulu garder ce minus, t’assume. Il se ferait bouffer cru par les trolls, si tu les affrontaient. En plus, je perçois une grande force parmi la troupe. Il doit y avoir un shaman puissant parmi eux. Tu sais, les trolls, c’est pas comme les gobelins. Ils maîtrisent eux aussi la magie.
Sans blague ?
Lod ne disait rien. Elmerr n’y fit pas attention, croyant que c’était la peur des trolls qui l’avait enfin, et heureusement, rendu coi.
Pour surfer parmi les différents chapitres... pensez à la liste complète! bonne lecture!
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