Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...
vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!
mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!
9-Colère
Aux pieds de quelques rochers imposants agglutinés là quelques siècles auparavant par les Géants, la troupe troll se partageait selon la loi ancestrale, c’est à dire selon la loi du plus fort un chasseur humain imprudemment trouvé loin de zones habitées.
Forzul déchirait sa viande crue à pleine mains, et l’engloutissait sans même la mâcher. Tout de même, de l’homme, c’était délicieux. Un dominant tendit sa main pour attrapper un bout de cuisse abandonné par le chef. Un éclair rougeâtre. Un peu plus de sang au sol. Le repas s’étoffait. Tous les dominés reculèrent de dix mètres, dominant leurs estomacs affamés. Même les dominants s’arrêtèrent de manger, et laissèrent au chef tout loisir pour manger. Celui-ci avala la moitié de l’homme, et laissa le reste aux dominants, qui le finirent rapidement. Heureusement qu’un dominant s’était pris un coup de hache, sinon les restes auraient été bien pauvres pour les dominés.
Forzul était content, il avait bien mangé. Il avait enfin réglé son compte à Kjkarl. Cet idiot lui manquait de plus en plus de respect. Il renifla. Drôle d’odeur. C’était… Qui avait bien pu faire ça ? La viande était pourtant bonne, et ça faisait depuis tellement longtemps qu’ils n’avaient pas mangé quelque chose de correct, que Forzul était étonné de sentir une faible odeur de vomi. Il contempla sa horde. Les dominés s’empiffraient. Les enfants attendaient impatiemment avec leur mère qu’ils s’en aillent. Mais les dominants, eux aussi, avaient senti l’odeur. Forzul se leva, tous les sens en éveil. Il sauta sur un rocher, puis en gagna un autre, et encore un autre, jusqu’à ce qu’il se trouvât au plus haut point possible.
L’odeur ne venait pas de Balas. Pourtant c’était dans ses environs qu’ils avaient attrapé le chasseur. Elle venait en fait de la direction diamétralement opposée. Dans la plaine, vers la forêt des elfes. Forzul scruta la plaine. Rien. Néant. Il n’y avait rien. Les dominants qui l’avaient suivi eux aussi ne virent rien. Et pourtant, il y avait quelque chose. L’odeur était fraîche, très fraîche.
Des applaudissements résonnèrent dans l’esprit d’Elmerr.
Toutes mes félicitaions, l’ami. Ton petit protégé a le mal équestre ! On est bien, maintenant ! Le petit shaman va pas mettre longtemps avant de te repérer, je te le dis ! Surtout qu’il en a même foutu sur la robe de ta licorne ! C’est encore mieux que de l’ammania !
Et alors ? Qu’ils s’avisent de se rapprocher, je te les découpe en rondelles !
Elmerr ne comprit pas Arcandil, mais ça paraissait être de formidables jurons.
Petit idiot, tu ne maîtrises pas la magie ! Le shaman va faire de l’avoin avec tes cheveux avant même que tu puisses le voir ! Et ne crois pas que je puisse te défendre !
Elmerr regarda Lod. Il était encore malade, mais après tout ce qu’il avait dégueulé, ça ne pouvait pas être pire.
Bah, on s’en sortira.
Arcandil soupira.
Forzul saisit son bâton de sorcier, et lança incantations sur incantations. Son corps était secoué de spasmes. Il tremblait, transpirait, bavait. Son cou bougeait frénétiquement, ses doigts claquaient, il flageollait sur ses genoux. Puis il s’abattit à terre, et ne bougea plus.
Un cri déchira les tympans d’Elmerr.
Il a pas mis longtemps, ce con, souffla l’épée. Mon gars, on est dans de beaux draps !
T’oublierais pas un peu vite Changepoil ? Elle va te le roussir, ce dégénéré.
Changepoil ne répondit pas, mais elle jeta un coup d’œil à Elmerr significatif.
- Bon, ben…
Elmerr attrappa Baldassian, et l’arma en un tour de main.
Forzul dévala les rochers, hache brandie. Il ne pouvait toujours pas voir les fuyards, mais il les sentait. Il devinait où ils allaient, à quelle allure. Il but une gorgée de la fiole qu’il avait comme pendentif, et fonça, suivit de sa horde.
T’as plus besoin de ta cape, maintenant . Enlève-là donc !
En effet, la cape qui dissimulait Elmerr n’était efficace qu’à faible vitesse. Et dès que sa magie était éventée, le mieux était de l’enlever, et de galoper. D’autant plus que les trolls, dont les forces avaient été décuplées par leur potion, filaient comme des flèches derrière eux. L’elfe allait devoir viser juste, car il avait peu de flèches, et il en fallait deux, au minimum et bien placées pour faire piler un troll lancé au pas de charge. Il se retourna. La horde était plutôt nombreuse, trouva Elmerr. Il devait y avoir au bas mot une bonne vingtaine de trolls à sa poursuite.
Le chef , c’est le troll qui est en avant. Il court les yeux fermés. Non, pas celui-là ! Là !
Elmerr l’ajusta, et tira. Les deux flèches passèrent à un mètre de leur cible. Il rechargea, et attendit qu’ils s’approchent encore.
- Changepoil, quand je vais tirer, tu vas profiter du moment où il va baisser ses défenses pour lui brûler le cerveau.
La horde n’était plus qu’à cent mètre. Elmerr gardait le chef en joue. Celui-ci ouvrit brusquement les yeux. Deux rayons de feu en sortirent comme des comètes. Elmerr tira. La première comète s’écrasa sur une de ses flèches. La deuxième continua son chemin. Elle se rapprochait. Elmerr sentit la chaleur monter. Il pensait sa dernière heure venue quand la température s’abaissa d’un coup. La comète s’était écrasée au sol comme une vulgaire balle de foin.
Tu as de la chance, il est meilleur sorcier que pyromancien.
Et bientôt il sera poussière.
Les yeux rivés sur le shamane, Elmerr attendit patiemment que les deux viseurs de Baldassian veuillent bien encadrer parfaitement l’horrible gueule d’ours du sorcier. Il tira, les deux flèches déchirèrent l’air simultanément. L’une fut évitée de justesse par le troll et se brisa au sol. La deuxième coupa la gorge à un des guerriers qui courrait derrière Forzul. Elmerr sourit. Il n’avait pas perdu la main.
Je réexplique : le shamane c’est celui au premier rang, pas ceux derrière !
Cependant, même en réussissant à abattre à chaque coup, ce qui était peu probable, un troll, les autres auraient le temps de les rattraper et de les transformer en salade trolle, justement. Elmerr après avoir gaspillé six flèches arrêta le tir alors qu’il sentait presque le souffle des guerriers deriière lui. Il saisit sa dernière flèche, arma et se retourna vers Forzul, à trois mètres de lui. Le shamane vit l’arbalète le viser et se préparar à l’éviter. Trop concentré sur le carreau, il ne vit pas un éclair bleu déchirer le ciel, jaillissant de la corne de Changepoil. L’éclair devint kaléidoscope inondant la scène. La plupart des trolls se tordirent en convulsions, secouant leur tête comme pour en chasser un soudain et violent mal de tête. Seul le chef n’était pas affecté par le sort de la licorne, ainsi que deux autres de ses guerriers. Mais quand ils virent qu’ils n’étaient plus que trois à pouvoir capturer le gibier, ils préférèrent ne pas s’y risquer, conscients qu’un elfe et une licorne étaient de dangereux adversaires. Autant finir les restes du chasseur humain. Ils mangeraient de l’elfe plus tard. La poursuite s’arrêta, et les fuyards purent se sauver sans encombre. Les trolls ne devinrent rapidement que des taches vertes agitées de soubresauts, puis des points noirs, et enfin ils disparurent.
- Pas très efficace ton sort, reprocha Elmerr à la licorne. Le chef n’a rien senti !
Le gnome fut outré.
- Elle nous a sauvé la vie ! Tu pourrais au moins la féliciter, minable ! J’ai jamais vu un elfe avoir aussi dépourvu de sortilè.. Lod fut interrompu dans sa diatribe par la main de fer d’Elmerr qui l’étranglait. Le gnome porta les mains à son cou. Il ne pouvait même plus parler, et il ne respirait que faiblement. Sa face d’ordinaire rougeaude devint pourpre. Dans les yeux d’Elmerr brillait une rage terrible; ses deux pupilles dilatées à l’extrême, ses veines gonflées lui conféraient un regard fou, mais l’aspect général du visage trahissait plutôt une envie froide et calculée de meurtre. Sa pression s’accentua davantage. Lod devint noir. Il se débattait de plus belle, mais bientôt il n’eut plus que des spasmes.
- Ne me fais JAMAIS de remarques à ce sujet.
Lod ne put même pas répondre par un gargouillement. Il avait cessé de se débattre.
- Me suis-je suis fait bien comprendre ?
Les yeux de Lod sombrèrent. Il sortit dans un dernier geste sa langue pour essayer de respirer. Puis plus rien.
L’étreinte se relâcha. Lod s’effondra sur la croupe de Changepoil, quasi-mort.
- Jamais.
Elmerr regarda le gnome qu’il venait presque de tuer. Il était partagé entre la rage qui le dominait encore, la honte de l’avoir étranglé, pour un motif aussi léger, les remords, et l’envie de le jeter à terre et de continuer son chemin. S’il ne faisait rien, il mourrait dans les prochaines minutes, dans les prochaines secondes.
- Changepoil, ranime-le, s’il est encore temps.
Il sentit une onde de remontrance lui parcourir tout le corps tandis qu’un rayon blanc jaillissait de la corne de l’animal, et s’enfonçait dans la bouche de la petite créature. Changepoil devint blanche, et Elmerr pouvait sentir la force de son effort. Il sentait autour de lui sa présence, forte et puissante. La licorne haletait, ses veines se gonflèrent. Le rayon grossit, grossit, jusqu’à devenir une rivière de lait que buvait Lod. Ce combat contre la Mort qui venait réclamer son dû dura longtemps. Il avait commencé alors que le soleil était à l’est. Il finit quand l’astre atteignit son zénith. Changepil était plus morte que vive, épuisée par l’effort qu’elle venait de fournir. Il lui tendit un peu de bath, qu’elle repoussa dédaigneusement. Lod dormait. Voyant qu’ils ne pourraient plus avancer de la journée, Elmerr se vêtit de sa cape et rajusta la position du gnome. La licorne n’avait même pas la force de camoufler sa robe. Elle reprit sa couleur originelle, un noir sombre comme une nuit sans lune.
Pour surfer parmi les différents chapitres... pensez à la liste complète! bonne lecture!
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