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Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...

vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!

mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!

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Jeudi 17 novembre 2005

10-Pris au piège

 

Une compresse réparatrice avait été appliquée sur le dos brûlé de Galdriss, qui était plongé dans le coma. Dòrian émettait des messages de détresse toutes les minutes. Leur contenu était à peu près incompréhensible pour quiconque n’avait pas la clé de codage, et même, Dòrian parlait en jukzaan, un idiome pffiterr assez peu connu, qu’il truffait d’abréviations. Ça donnait à peu près ça à la lecture :

 

BOC 5-AA2B3 Dòrian Hôte Galdriss Ukan appelle Base Sept. Hôte gravemt blessé. Miss° remplie cpdt. 11 cc aux 6 hres. Destrier incapable supporter tel nbre.  Demandns instruct°. Base 7, répondez.

 

Le haut-parleur cracha une réponse. La voix qui parlait était froide et cruelle, avec une pointe d’ironie sadique. Elle parlait en ImpSta-1.

 

- Je ne comprends pas la teneur de votre message, cher ami, mais je suis sûr que le radio pffiter que nous avons capturé va s’empresser de nous l’expliquer. Toutefois, je suppose que c’est une demande d’aide, n’est-ce pas ? Hélas, je crains que vos amis ne soient plus en mesure de vous aider... Cependant, nous acceptons votre reddition. Nous vous promettons que vous serez traité comme la convention de Jeune Adam l’ordonne.  De plus...

 

Des nèfles ! répondit Dòrian. Il savait très bien ce que les impériaux en faisaient, de la convention de Jeune Adam. Mieux valait que Galdriss se fasse descendre plutôt que d’atterrir dans leurs mains.

 

L’ordinateur étudia toutes les solutions qui s’offraient à lui. Ce fut vite fait, vu leur nombre. Il devait dans un premier temps se débarasser des corbeaux qui le talonnaient. Et pour cela... cap sur les montagnes. Et dans un deuxième temps, il devait survivre à leurs attaques le temps qu’il atteigne les montagnes. Il lui fallait cent trente huit secondes pour se mettre à couvert, il leur en fallait cinquante sept pour l’avoir à portée. Ça faisait quatre-vingt et une secondes sous un déluge de feu...

 

Si Galdriss avait été conscient, il aurait vu le soleil apparaître soudainement derrière les Monts Glacés et illuminer d’un coup toute l’Ancienne Forêt des Alrides. La scène qui se déroulait était féerique : baignés dans une lumière d’or, douze oiseaux volaient à une vitesse démesurée, comme pour aller  saluer le lever de l’astre-roi.  Tout du moins, c’est l’expression qui se dégageait de leur course. Mais quand on regardait plus attentivement, l’oiseau de tête ressemblait étrangement à un frêle moineau, et les onze autres à de monstrueux aigles impériaux noirs comme la nuit. Ils volaient en V inversé, et leur course tendait beaucoup plus vers le moineau que vers le soleil. Les trois de tête laissèrent échapper quelque chose : une sorte de comète rouge, dardée vers le moineau.

 

Si Dòrian avait eu un visage vivant, il aurait eu une moue dubitative et résignée. C’était du tir au pigeon. Il ne disposait que de deux turbines plasma, et elles étaient pointées droit devant. Il avait le cul aussi nul que celui d’un nouveau-né. Il n’avait qu’une seule chance : que son intuition soit juste. Il fondit en piqué, les trois torpilles à ses trousses. Il n’était plus qu’à deux cent mètres du sol. Elles étaient à trois cent mètres. Cent cinquante, deux cent vingt-cinq... Cent, cent cinquante... Cinquante, soixante quinze... À dix mètres du sol, Dòrian redressa le manche. Il brûla quelque peu l’herbe drue, et se maintint à un mètre du sol. Son intuition numérique s’était vérifiée : les fusées étaient d’ancien modèle car aucune n’avait anticipé la collision avec le sol. Le temps qu’elles réagissent à son brusque redressement, et elles avaient explosé au sol. À la suprise de Dòrian, le destrier ne subit aucune onde de choc. Bombes ioniques, songea-t-il. Ainsi, ils le voulait vivant... Il préférait encore euthanasier son hôte que de le livrer à ces bourreaux.

 

Il n’attendit pas que les soeurs des trois petites aillent lui dire bonjour. Il arrivait aux contreforts des Monts Glacés. Il commanda l’éjection. La moto s’ouvrit et Galdriss fut propulsé en avant, abandonnant la moto aux bombes ioniques. Le module d’éjection toucha le sol, et emporté par sa vitesse, glissa sur l’herbe humide sur plusieurs centaines de mètres. Dòrian envoya une décharge électrique à réveiller un mort dans le corps de Galdriss afin de le tirer de sa torpeur. Soumis à l’influence du programme, il se glissa péniblement hors de la capsule. Elle se referma aussitôt, partit en flèche à quatre vingt dix degrés, et après avoir parcouru plusieurs centaines de mètres, s’arrêta. La voûte des arbres était bien décrépie, mais encore suffisamment verte pour masquer momentanément Galdriss.  Il entendit le bruit de quelque chose qui se transforme en une immense torche. Il entendit ce grésillement une centaine de fois. Ils mettaient le feu à la forêt. Il fut tout au plus deux cent mètres, échappant par chance aux lasers tirés au hasard, avant de s’affaisser contre un arbre. Mais à la pensée qu’il était encore vulnérable, il continua sa route, doucement. Son dos l’élançait furieusement, sa tête résonnait comme si on l’a frappait avec un maillet, il bavait. Devant lui, il voyait distinctement l’entrée d’une grotte. Distinctement ? Les larmes qui inondaient ses yeux, des larmes de douleur, troublaient sa vue. N’était-ce qu’une ombre ? L’ombre d’un arbre plutôt rond, d’ailleurs. Cette ombre n’était plus qu’à une cinquantaine de mètres, quand il sentit derrière lui la chaleur d’une explosion phénoménale. Ils avaient envoyé une fusée de l’autre côté de la forêt, qui était par là plus dense. Ils avaient dû repérer la capsule.

 

Ils ont décidé de t’abattre, j’ai l’impression. La capsule doit être complètement fondue.

 

La grotte était de la hauteur d’un homme, mais pour y pénétrer, il fallait enjamber une crevasse, profonde de deux mètres et large d’un. On eût dit une tranchée. L’elfe s’écroula à l’intérieur. Alors qu’il touchait durement son sol rocailleux, une seconde fusée éclata, assez près de lui. La température monta d’un coup, jusqu’à être suffoquante, puis descendit progressivement. Il retomba dans l’inconscience.

 

Par Bégot - Publié dans : hoffnringers
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