Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...
vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!
mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!
11-Sauvetage
Ils franchirent sans encombres la plaine d’Alfance, et après trois semaines de course effrénée, ils arrivèrent enfin en vue de Dalanfur. La nuit tombait, et la lisière de la forêt se confondait avec le fond de la nuit.
La démarcation entre la forêt et la plaine était nettement marquée par un fossé large et profond, creusé de toute évidence par autre chose que la Mère Nature. Les arbres se penchaient par dessus ce fossé, comme s’ils quêtaient les bruits et les odeurs de la plaine. Elmerr décida de bivouaquer à cet endroit, en attendant de s’aventurer plus profondément dans la forêt .
Il s’était réconcilié avec le gnome, qui avait compris qu’il fallait mieux ne pas parler magie à Elmerr. Fatigué par le voyage, Lod tirait déjà allégrement de son sac les provisions nécessaires selon lui à l’entretien de la bonne santé d’un gnome, c’est à dire une bonne bouteille de vin de Loc qu’il espérait bien vider entièrement .
- Non mais, ça va pas la tête ? grommela Elmerr quand il vit le gnome se siffler cul-sec la gourde. La gourde de Loc fut prestement enlevée des mains avides de Lod, sous son regard contrit.
- Tu m’avais pourtant promis que je pourrai en boire une fois arrivés. J’en ai marre de ne boire que la rosée ! C’est pas une boisson de gnome, ça !
- Primo : on est pas arrivé. Deuxio : tu es déjà insuportable sec, je veux pas te connaître ponché. Tertio : c’est ma bouteille, et j’en veux aussi. Clair ?
Lod grommela dans sa barbe, et pour passer sa peine, vida les restes des provisions de route du grand sac de voyage d’Elmerr. Celui-ci l’avait guetté, et lui arracha le pain de Bath brutalement. Il cassa la dernière miche en deux, puis recoupa un bout en deux. Il en donna un à Lod, et garda les trois quart poir lui.
- Hein ? Mais...
- T’apprendras à voler et à être égoïste, morveux.
- Mais j’allais t’en donner !
Le regard que lui lança Elmerr dissuada le gnome de continuer à mentir. Il avala en une bouchée son quignon de Bath, et dit boudeusement : “J’ai faim”. Comme pour lui faire écho, son ventre gargouilla puissament. L’elfe ne répondit pas. Il mastiqua lentement ses bouchées, suivi par l’oeil avide du gnome. Il mangea en silence, très lentement, paraissant apprécier la saveur de chaque miette de pain. Il songeait qu’il était franchement temps qu’ils arrivent, car il se voyait mal chasser sur les terres des Danaÿssdanaÿss sans leur accord. Quand il eut enfin avalé sa dernière bouchée, il attrappa sa gourde et but une gorgée de Loc. Il la tendit à Lod, et lui lança : “une”. Rétif, celui-ci ne prit en effet qu’une gorgée, mais quelle gorgée ! Il avait du vin qui lui sortait par le nez, et sa bouche menaçait d’exploser. Elmerr reprit la gourde, la fixa autour de sa taille, et se releva. Il lui restait encore deux pétales avant que le soleil se couche. Largement assez pour pousser une pointe à l’intérieur de la forêt. Il ordonna à Lod de rester auprès de Changepoil et de l’attendre bien sagement hors de la Forêt. Il protesta, désirant lui aussi découvrir la Forêt. Elmerr ne se donna même pas la peine de le rabrouer. Il se délesta de son attirail, conserva cependant Baldassian, ainsi qu’Arcandil, et il s’enfonça dans les profondeurs de la forêt. Derrière lui, il entendit Lod lui crier de profiter de l’occasion pour chasser quelque chose. Il ne répondit ni ne se retourna. Il commençait juste à regretter énormément d’avoir pris cette tache avec lui.
Leol, sitje sin te min glaï tes ne sin, pensa-t-il tristement.
La plupart des arbres paraissaient être millénaires au moins, et leurs branches s’entrelaçaient en une immense toile aérienne, qui masquait le soleil couchant. Elmerr s’étonna qu’il n’y ait pas de sylvins dans la forêt de Vyazk. Après s’être fait délogés des Truz-Baz, les Survivants auraient dû chercher refuge chez les elfes. Mais il n’avait pas l’impression que les Sylvins y soient allés.
Cela faisait plus de cent ans qu’il avait quitté Vyazk, même s’il n’avait pas idée que c’était là qu’il était né. D’instinct, au cours de ses périgrinations, il avait toujours pris soin d’éviter largement le secteur. Au début, Arcandil s’y était opposée, mais devant la résistance forcenée que lui opposa l’esprit d’Elmerr, elle abdiqua. Par la suite, aux veillées auprès du feu, elle apprit que ce qu’elle cherchait ne s’y trouvait pas.
L’esprit d’Elmerr était traversé d’éclairs de souvenirs anciens. Comment pouvait-il avoir des souvenirs, alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds ? Mais un autre problême le tenaillait aussi : lors de ces éclairs d’enfance, la forêt paraissait plus acceuillante, plus hospitalière, plus verte et riante. Là, elle était moins souriante, presque hostile. Les arbres penchaient leurs branches en travers de l’étroit chemin, comme pour empêcher le passage. On entendait le sourd bruissement du vent soulevant les feuilles presques noires, et ce bruissement semblait murmurer : “Pars, étranger, pars !”. Aux pieds des arbres, sur leurs branches, sur leur tronc, on voyait de larges entailles . Elmerr s’arrêta pour les examiner. C’étaient de grosses entailles, et par la façon dont elles avaient été faites, Elmerr aurait parié que c’étaient des orques qui avaient fait le coup. Les entailles se situaient surtout à la base des arbres, comme s’ils avaient voulu les couper. Elmerr s’agenouilla. Il avait une fois rencontré les Brûlches, des orques bûcherons. Si c’étaient bien eux, il avait alors beaucoup descendu vers le sud. Elmerr, de ses rares rencontres avec eux, savait qu’ils détestaient émigrer. Pourquoi donc avoir pris de tels risques en descendant autant vers les elfes ? C’était courir à une mort certaine. Les entailles étaient parfaitement sèche. Les arbres avaient été blessés il y avait plusieurs lunes.
M’est avis que s’ils n’ont pas terminé leur boulot, c’est qu’ils se sont fait massacrés jusqu’au dernier !
Elmerr acquiesca. Les entailles sur les branches et sur les troncs étaient pour la plupart identiques à celles faites à la base, mais certaines étaient ou très mal faites, comme si la vrai cible n’avait pas été l’arbre à ce moment précis, ou alors elles faites avec une arme radicalement différente, et de fabrication nettement elfique. Ç’avait dû saigner.
Inquiet, il fit demi-tour. Il y avait probablement des elfes qui patrouillaient dans la forêt, et en cette période troublée, la vie d’un gnome ne leur pèserait pas bien lourd sur la consience... Il courut, puis s’arrêta presqu’aussitôt. À sa droite, il distinguait assez nettement une piste de tig. Que devait-il faire ? Partir à la recherche de Lod voir s’il était encore en vie, ou chasser ?
Du calme, l’ami. Ils ne lui feront rien tant qu’il ne pénètre pas dans la forêt. Et puis, tu sais, les elfes sont quand même plus intelligents que toi ! Les gnomes ne sont pas leurs ennemis, surtout quand ils sont seuls, et les licornes sont leurs alliés de toujours. Allez, va donc chasser.
Il suivit la piste zigzaguante. La zone devait avoir été épuisée par les animaux, car au cune autre piste, ancienne ou récente, ne croisait celle du tig. les zigzag s’arrêtèrent pour laisser place à une ligne droite. Le tig devait avoir senti une odeur intéressante. La trace coupait droit à travers des bésas, les seuls arbres dans tout Edom qui poussait vers le bas. Le tronc s’enfonçait vers le centre de la terre, et ses racines d’eau sillonnaient le sol comme une gigantesque toile d’araignée, pleine de chausse-trapes. Mais le plus étrange, c’était les racines émergeant de la tête du tronc. C’étaient les racines à mana, qui s’enfonçaient le plus loin possible vers les sources de mana souterraines. Les bésas s‘en nourrissaient et c’était pourquoi ils étaient les arbres favoris des magiciens pour détecter de nouvelles poches. La piste fut perdue parmi les racines d’eau mais Elmerr la retrouva dès qu’il en sortit.
Devant lui se tenait une petite colline, à la pente raide. La piste menait directement au sommet. Elmerr fit le tour de la colline, et voyant que la pente était aussi raide partout, il choisit de monter la colline en suivant la piste. Cependant la déclivité était terrible, et Elmerr dut se coller à la paroi pour gravir la colline. Heureusement, ses braies de peaux d’Épiqs accrochait suffisamment pour lui éviter de s’écraser au sol.
- Mais comment est-ce qu’il a fait pour monter ça, le tig ?
Il ne trouvait plus qu’à mi-hauteur et pensait qu’il l’aurait amplement mérité, ce tig, quand soudain un feuillage frémit au pied de la colline et un demi-humain en jaillit en courant, dans le dos d’Elmerr. Au bruit de la course précipitée, celui-ci lâcha ses prises, saisit Baldassian, appuya sur ses jambes afin de s’éloigner de la colline, se retourna en l’air, visa et tira. La flèche siffla droit vers l’être, qui était suivi d’une licorne. Instantanément un trait rouge jaillit de sa corne de celle-ci et fit exploser la flèche.
- Mais ça va pas la tête, Elmerr ? T’as failli me tuer ! hurla Lod Tar.
Elmerr n’eut pas le temps de répondre, il dégringola de la colline et s’écrasa tête la première sur une flaque d’eau boueuse.
- Et toi tu m’as fait gaspiller une flèche et je me suis fait mal en tombant !
Mais immédiatement, il demanda :
- Pourquoi tu courais ?
Le gnome parut brusquement se rappeler de quelque chose.
- Nom de nom ! Elmerr, si je courais, c’est que j’ai vu un contingent d’elfes se porter à la rencontre d’une troupe de trolls. Laisse moi te dire que je ne donne pas une chance à tes cousins d’en réchapper viv...
Mais pourquoi ces idiots sont-ils sortis du refuge de leur forêt ? Il aurait été beaucoup plus simple de dégommer les trolls comme ça !
Elmerr sauta en croupe de Changepoil et saisit le Gnome au collet sans attendre la fin. La licorne partit au triple galop, sauta le buisson qu’elle avait auparavant franchi, bondit au-dessus des racines des bésas, traversa des bosquet en risquant d’empaler ses cavaliers sur les branches robustes des dlanahis. Une tête porcine soupira en haut de la colline, soulagée et retourna à ses racines.
En un rien de temps, la lisière des arbres fut dépassée et Elmerr put distinguer au loin les corps entremêlés des combattants. Lorsqu’il fut plus près, Elmerr put distinguer l’appartenance tribale des elfes. C’étaient les Danaÿssdanaÿss, et leurs antagonistes n’étaient autres que trolls qu’ils avaient déjà affrontés, ou plutôt fuis. Mais comment avaient-ils fait pour être aussi rapides ? Pendant leur chevauchée à travers la plaine, Elmerr en était sûr, ils n'avaient jamais eu sur le dos les trolls.
Sans s’attarder sur ce problème, Elmerr saisit Baldassian, la chargea et tira. Un troll s’écroula net, la gorge transpercée par le dard. Le deuxième trait se perdit au milieu de la mêlée. Personne n’y porta attention. Changepoil, lancée au triple galop, se rapprochait trop vite, et Elmerr n’eut pas le temps de recharger. Il abandonna son arbalète pour Arcandil, que la proximité des ennemis rougissait. Le troll le plus avancé, et qui lui présentait le dos, eu la tête tranchée net. Dans cette mêlée confuse, Lod fut éjecté de sa monture et atterrit au beau milieu du champ de bataille. Changepoil carbonisa aussitôt le cerveau d’un troll qui s’apprêtait à écraser de sa masse le gnome. Le cavalier et la licorne furent aussitôt plongé dans un tourbillon de trolls vociférants et il ne durent leur salut qu’à leur dextérité et au courage de quelques elfes venus à leur rescousse. Un des trolls se jeta sur lui et Elmerr reconnut le sorcier. Il lui abattit sur la tête sa lourde claymore. Une étincelle flamboyante éclaira subitement et violemment toute la scène. Arcandil était tenue en échec par la lame du troll, qu’il tenait à pleines mains au dessus de lui. Elmerr fronça les sourcils, et accentua la pression, en vain. Les deux adversaires se jaugèrent du regard. Le chef souriait, avec une air carnassier rendu encore plus infâme par la bave qui dégoulinait de sa bouche. Il était vêtu d’un pagne jaunâtre, recouvert de boue, et de tâches de sang séché et frais. Il était plutôt grand, même pour un troll, et la couleur de sa peau tirait fortement sur le rouge. La rondeur de sa tête était cassée par deux oreilles pointues et grandes; ses yeux étaient veinés de rouge; Elmerr, quant à lui, était protégé par ses braies en épiqs et un manteau de fourrure d'alcane. Ses yeux étaient légèrement bridés, ses pupilles complètement rétractées, pointant furieusement contre le chef. Ses oreilles transperçaient sa longue chevelure blonde qui scintilla aux derniers rayons de soleil.
Leurs bras étaient surbandés. Les épées se poussaient mutuellement, mais les deux combattants étaient égaux. Le chef était hissé sur la pointe des pieds, et poussait de tout son poids sur sa rapière. Changepoil maintenait les autres trolls à distance, laissant à son maître le plaisir de dégommer le sorcier. Elmerr se dégagea brusquement sur la droite. Le chef tomba tête la première, emporté par sa force.
Il n’eut pas le temps de se relever. Arcandil s’abattit sur son cou. Elmerr jeta un dernier regard sur son adversaire avant de contempler la bataille de haut de sa licorne. Plusieurs trolls avaient arrêté de se battre, et contemplait la dépouille de leur sorcier. Pris d’une frénésie sanguinaire, le plus agité tira son épée et bondit sur Elmerr, suivi de tous les autres trolls. Heureusement pour Elmerr, les mêmes elfes qui l’avaient précédemment aidé revinrent à sa rescousse, sauf deux qui avait rejoint les Grandes Plaines entre temps. Elmerr moulina pour éloigner les plus agressifs et ce fut de cette façon qu’il abattit plus d’un téméraire. La corne de Changepoil chantait une mélodie mortelle, mais elle commençait à s’essouffler dangereusement. Il mit pied à terre prestement et envoya Changepoil rejoindre la forêt pour reprendre ses forces à l’abri.
Les elfes paraissaient maintenant être en positon numérique supérieure et les trolls se battaient avec l’énergie du désespoir, comme l’avaient fait quelque minutes plus tôt leurs adversaires.
Attention ! À droite ! Y a deux enfants qui vont se faire hacher !
Elmerr distingua, hors du champ de bataille, deux enfants elfes aux prises avec un immense troll. Il saisit son arbalète, rechargea en un clin d’oeil et aligna la troll, qui tomba net. Distrait par la manœuvre, Elmerr ne vit pas à temps la massue qui s’écrasa sur sa tête, l’envoyant rouler au sol, évanoui.
Pour surfer parmi les différents chapitres... pensez à la liste complète! bonne lecture!
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