Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...
vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!
mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!
12-Vyazk
Le jour se levait, éclairant la forêt de ses rayons orangés. Perchés le long des troncs d’arbres gigantesques se tenaient des maisons qui étaient reliées entre elles par un entrelac de passerelles étroites - la plupart du temps, c’était une corde - ou bien une simple liane. Sur le pourtour de ce village aérien, une maison en forme de cabane, plus petite que les autres abritait une sentinelle. Toutes surveillaient l’arrivée d’un groupe d’elfes, qui paraissait en piteux état.
Aucune corde ne reliait le village au sol. Aucune échelle, aucune paroi d’escalade - l’écorce des arbres était lisse comme du savon. Les habitants semblaient sortir comme par enchantement d’une niche creusée au pied du plus flamboyant des arbres et accourraient à la rencontre du groupe. Pour la plupart, c’étaient des femmes.
Un elfe magnifique, drapé d’une large toge verte, apparut sur l’un des balcons d’un palais de bois damastiqué, arborrant partout un étendard aussi vert que la toge de l’elfe. Il jeta un rapide coup d’oeil en bas, puis disparut à l’intérieur du palais. Il réapparut quelques secondes plus tard, au pied de l’arbre, et se porta vers le groupe en courant.
- Saint-Onoméal, où sont ils ?
- Sur les brancards la-bàs, majesté, répondit l’interpellé.
- Conduis-moi !
Le guerrier s’inclina profondément, et se dirigea vers le centre de la colonne. Il y avait énormément de brancards, la plupart laissés à même le sol et tirés par des louvains, les bergers elfes. Les brancards portés par des valides abritaient des blessés graves ou des mourants, ou alors protégeaient le sommeil des enfants du Roi des elfes, le roi Felder.
- Comment vont-ils ?
- Ils dorment, majesté. Mais ils ne doivent leur salut qu’à celui-là, ajouta le guerrier.
Un elfe reposait sur un brancard, porté à bout de bras par quatre guerriers vigoureux. Son front était explosé, et du sang continuait de couler de sa plaie béante. Un guérisseur incantait une mélopée sourde tout en appliquant sa main au-dessus de la blessure.
- Comment va-t-il, Guillann ?
- J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour arrêter l’hémorragie, mais je crains que la massue qui l’a ainsi frappée n’ait été enchantée. Il a déjà perdu beaucoup de sang. Plusieurs des nôtres ont été frappés par cette arme, et ils sont déjà tous morts, vidés de leur sang. Il est le seul à avoir survécu. Je crois bien que son médaillon y est pour quelque chose. Il est brûlant, et je perçois la magie qu’il dégage.
- En effet.
Le roi étendit sa main au dessus du visage du blessé, et se mit à incanter des sorts de guérisons, évidemment plus puissants que ceux de Guillan. La plaie cessa de couler, mais ce fut tout.
Doaétalis, dépêche-toi de revenir... Le roi examina le guerrier attentivement. Il avait certes un visage elfique, les oreilles pointues, la ligne du visage douce et élancée, mais quelque chose de peu gracieux, donc de peu elfique, se terrait dans les recoins de son visage. Une sorte de dureté...
Il était vêtu d’un manteau d'alcane, l’alcane des légendes, l’ours qui avait des écailles d’os sous sa fourrure, et de braies en Épiqs, sûrement réalisé par un trappeur. S’il avait lui-même chassé l’alcane, ce brave devait être un brave parmi les braves. Il tenait à la main droite une arbalète d’une conception bizarre. Elle avait deux rampes pour glisser les flèches, et surtout, elle paraissait être de conception naine ou gnome. Le roi ne connaissait pas assez ces peuples pour s’affirmer.
- On a bien essayé de lui ôter, car elle pèse une tonne au moins, mais c’est impossible. Sa main s’est tétanisée dessus. Pareil pour son épée, une sorte de claymore, d’ailleurs. Elle aussi pèse son poids.
- Est-ce pour cela que vous avez dû vous mettre à quatre pour le porter ?
- Oui, votre majesté.
Le roi s’agenouilla pour être à la hauteur de l’épée. Ce n’était pas une claymore aussi innocente que l’arbalète. L’arbalète était dépouillée de tout enchantement, mais cette lame respirait la magie. Le roi approcha sa main. Aussitôt, l’épée entière rougit et s’échauffa, sauf à l’endroit que la main du guerrier agrippait. À l’évidence, elle n’aimait pas être touchée par des mains étrangères. La surface de la lame était lisse et parfaitement polie, aucune trace de sang n’était visible et aucune rune non plus.
- Avez-vous nettoyé cette épée ?
- Nous n’y avons pas touché, majesté, répondit le guérisseur.
Le roi sortit un dague des replis de sa robe, approcha sa main au-dessus du fer de la lame, et se pratiqua une fine incision . Une goutte de sang perla puis tomba sur la lame. La goutte glissa le long de la lame, et tomba sur le sol, où elle disparut.
- Il ne s’en est pas servie, de sa claymore ? interrogea le roi .
- Je peux vous assurer qu’il s’en est servie, déclara Saint-Onoméal.
- Étrange... Était-il seul ?
- Non, majesté. Il était avec ça.
Le guerrier désignait un gnome, solidement escorté de six elfes bien armés. Il avait été enchanté avec des sorts d’entraves qui l’empêchaient de se mouvoir rapidement. Quand le roi s’approcha de lui, un des guerriers lui allongea un coup dans les genoux pour les faire plier. Un autre lui plongea la tête jusqu’à ce qu’il balaie la boue.
- Parle-t-il Anaëldais ?
- Je ne crois pas, messire. Nous l’avons déjà questionné avec des sorts de révélation, mais il n’a rien pu nous répondre.
- Remettez le debout.
Le gnome fut brusquement attrappé par les cheveux et redressé.
Le roi s’escrima pendant vingt minutes à se faire comprendre, en vain. Il essaya les vingt-trois idiomes elfes qu’il connaissait, une cinquantaine de dialectes humains, puis bredouilla quelque mots en gnorgue. Le gnome gardait un mutisme buté. Dans ses yeux brillait une étrange lumière.
- Emmenez le.
Les gardes s’inclinèrent, puis escortèrent le gnome jusqu’à un arbre qui se détachait du lot. Il n’était pas relié aux autres arbres par des lianes ou des échelles, et de multiples guérites avaient été bâties à son sommet et à son pied. Enfin, une féroce barrière magique le protégeait, et empêchait quiconque n’était pas bienvenu de passer.
Le roi revint auprès de ses enfants, qui dormaient d’un sommeil profond, mais visiblement agité.
- Emmenez-les aussi dans un cachot, et laissez-les y moisir deux jours, puis après sortez les. Que leurs geôliers se déguisent en troll, et qu’ils ne parlent devant eux qu’avec des grognements. Ça fera réfléchir ces garnements. Ils voulaient avoir des frissons, ils en auront jusqu’au bout. Et aussi, ajoutez quelques petites surprises de votre choix. Vous avez carte blanche pour leur flanquer la frousse de leur vie.
- Bien, majesté. Les brancardiers s’écartèrent de la colonne et poussèrent vers l’arbre-geôle.
Pendant tout ce temps, la colonne avait continué sa lente progression, et s’était arrêtée devant l’arbre massif d’où étaient sorties les femmes elfes. Pour faire son tour, il aurait fallu au moins une centaine d’hommes, tenus entre eux uniquement par le petit doigt.
- En avant ! ordonna la roi.
L’ordre fut répété, et la colonne s’engouffra dans un petit porche creusé dans le bois. L’intérieur de l’arbre n’était qu’une immense caverne, comme si un géant avait tout évidé. Seule restait l’écorce, épaisse quand même de cinq mètres. Cette caverne était plongée dans un tel brouillard que quiconque n’avait prévu une parade était aveuglé et sentait ses poumons se noyer sous l’effet de la forte humidité. En conséquence, la première chose que faisaient les arrivants en entrant était d’incanter un rapide sortilège qui leur permettait de voir et de respirer à travers cette vapeur. Le guérisseur se contenta de lancer un sortilège de respiration à l’elfe toujours inanimé, car il ne paraissait pas près de se réveiller. La source de cette vapeur était une sorte de geyser, source d’eau chaude à peine visible à travers la brume qu’elle soufflait et qui bouillonnait furieusement, crachant des lames d’eau à cinq mètres. Vue d’en haut, le geyser ressemblait à une ruche de de quatre mètres de diamètre, car il était recouvert de dinann, des plates-formes immatérielles en forme d’alvéoles et visibles uniquement par les elfes. Le roi prononça une courte incantation, et le geyser se tut. Une première fournée d’elfes se plaça sur les alvéoles et quand elles furent toutes prises par un occupant, l’elfe placé sur l’alvéole centrale ordonna au geyser de renaître et de pousser les dinann.
Les éruptions d’eau étaient domptées, et doucement, calmement elles imprimèrent de la vitesse aux dinann. Après cinq mètres, le geyser se rendormit et les dinann continuèrent leur ascension magique. La partie évidée se rétrécissait brusquement pour ne plus être qu’un boyau juste assez large pour faire passer le disque des dinann. De nouveaux dinann apparurent, flottant au-dessus du geyser à nouveau assoupi. Cette fois-ci tous les brancards montèrent. Comme il n’y avait de la place que pour quarante neuf personnes, et qu’il y avait en tout quarante et un blessés, la plupart des elfes déposèrent leurs blessés sur les dinann et redescendirent à terre. Seul le roi, Saint-Onoméal et Guillann et trois autres femmes avaient embarqués. Le roi incanta à nouveau, et aussitôt ils s’élevèrent. Elmerr était toujours dans un état comateux.
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Pour surfer parmi les différents chapitres... pensez à la liste complète! bonne lecture!
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