Texte libre

Bienvenue sur mon petit blogounet mignon...

vous trouverez ici les premiers chapitres de mon livre, Hoffnringer, que je mijote depuis un long moment déjà! Je le considère comme fini, même s'il reste beaucoup à faire pour en faire un vrai roman, malheureusement, étant Erasmus cette année à Graz, je n'ai que très peu de temps à lui consacrer. Si les aventures de mes héros vous intéressent, manifestez vous et je publierai le reste des chapitres qui dorment depuis longtemps dans les tréfonds de mon ordinateur. Et si vous aimez dessiner des personnages, des paysages... et que vous avez le crayon qui vous démange, défoulez vous sur mes personnages! je rêverai de savoir dessiner... faites moi partager votre talent!

mais trève de bavardage et rendez vous au prologue!

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Jeudi 17 novembre 2005

14-Interrogations

 

Il y avait eu comme un grand éclair, un immense télescopage, puis plus rien. Il ne souvenait plus de rien. Il s’était retrouvé soudainement dans l’eau, en train de boire la tasse. Il s’était accroché à un arbre dérivant, et s’était péniblement hissé dessus. Il avait entendu des appels au secours, mais en quelle langue, ça, il ne savait le dire, et il avait aperçut un elfe aussi proche de la noyade que de son tronc d’arbre. Il l’attrappa par les cheveux, et l’extirpa de l’eau boueuse. L’elfe cracha une quantité impressionnante d’eau, puis murmura entre plusieurs hoquet un faible merci.

 

- Vous n’êtes pas blessé ?

 

Il secoua la tête en réponse. Il tentait de reprendre son souffle. Voyant qu’il était hors de danger, Galç se releva. Le tronc de l’arbre sur lequel il se tenait était d’une largeur honorable, et il aurait pu se coucher de tout son long en travers sans problème. Il se déshabilla partiellement, et suspendit ses vêtements aux racines émergées de l’arbre. Il se frictionna vigoureusement le corps, et retrouva un sentiment de chaleur. Heureusement pour lui, c’était une belle journée d’été chaude et ensoleillée. Il se coucha sur le tronc et leva les yeux au ciel. Dans le lointain, il distinguait les Deux Jules. L’elfe respirait enfin calmement. Enfin était le mot juste : Galç en avait plus que marre de l’entendre suffoquer.

 

Après plusieurs minutes de silence, Galç demanda :

 

- Vous n’êtes pas le pilote d’une Vaßtaß 354 qui était devenue incontrôlable ?

 

- Oui, c’est bien moi, par Mysdiin. Je pensais être mort, et Mysdiin soit louée, je suis vivant. Et comment savez-vous ça ?

 

- Je suis lieutenant au sein de Géant Ymir. Je devais capturer votre voilante avant qu’elle ne s’écrase sur les champs, mais mon Lydon-3 est lui aussi devenu fou. Nous avons tous les deux accéléré au virage en épingle, nous nous sommes écrasés sur le champ de résistance à toute vitesse sans être brûlés et réduits en gerbes de feu, nous avons fait une chute de deux kilomètres trois cents en nous écrasant sur l’eau de cette rivière, à cette vitesse plus solide que de la Pierre de Nain, et au final nous sommes indemnes. Bizarre bizarre...

 

- Remercions-en la déesse Mysdiin.

 

“Remercie-la si tu veux, moi, j’aimerai bien choper l’enfoiré qui a saboté nos deux engins, et surtout remercier ceux qui nous ont sauvé la vie”. Il sortit un Emegnome de sa poche et le tapota frénétiquement. Il n’avait pas aussi bien résisté qu’eux.

 

Jedel s’agenouilla, releva la tête, se tînt droit les bras en croix, et remercia la déesse Mysdiin pour sa bonté. Galç jeta l’Emegnome à l’eau. Il regarda d’un air affligé Jedel, perdu dans sa transe déique. La bouche de Jedel était animé de mouvement rapide, et Galç pouvait y lire des messes rituelles. Lassé, Galç se releva, et alla vérifier où en étaient ses vêtements. À sa surprise, il aperçut, coincé entre les racines, un livre rouge, qui, lui semblait-il, n’y était pas cinq minutes encore. Intrigué, il jeta un coup d’oeil aux alentours, puis il ouvrit l’ouvrage et en lut quelques passages.

 

“...J’étais resté dans leur geôle pourrie  deux nuits et trois jours. Ah la bande de jœrts ! Qu’est-ce qu’ils m’ont fait dégusté ! Ils ne me filèrent que du pain rassis, et je devais lécher l’eau qui suintait de la paroi pour calmer ma soif. Tous les jours j’avais droit à la séance d’enchantement pour que je parle, mais rien à faire, aucun des elfes qui vinrent me faire parler n’eut l’idée de parler en défren. Quelle bande d’idiot ! Et d’ailleurs, pour être sincère, car je parle quand même trois langues, l’algueurrois, le gnorgue et le férassard, je ne comprenais rien à ce qu’ils me chantaient, ces jœrts. Après ma libération, ils m’ont dit qu’ils avaient bien essayé de me parler en gnorgue, mais je dois avouer qu’ils s’y prenaient comme des pieds. Mais passons. Après ces trois jours qui me donnèrent beaucoup de bien à penser de ces saletés d’elfes, je fus brusquement sorti de ma prison, et tout le monde me sourit tout à coup. Je pensai qu’un roi gnome avait dû passer par là et avait eu vent de mon emprisonnement, mais il n’en était rien. Ce fut un magicien jœrt qui me reçut dans un palai magnifique. Il me proposa un repas de roi, et attention qui me toucha beaucoup, je remarquai que tous les plats étaient des spécialités algueuroise. Je mangea goûlument, sous son regard bienveillant, et...”

 

- Pff, pesta Galç. Encore une fiction à deux balles. Franchement, les gars i z’ont pas honte de ce qu’ils pondent. Il n’a que la couverture de bien, ce bouquin. Attends que je regarde de qui il est, ce livre. Lod Tar, les Années Sombres. Ben tiens ! exactement ce que je pensais. Un gnome. Je parie que c’est un chargé de propagande chez le NSPG.

 

Le NSPG, le Nouveau Sang du Peuple Gnome était le pendant gnome de l’ELF.  Une organisation raciste qui elle aussi luttait contre l’hégémonie du Grand Conseil au nom du droit à l’existence du peuple gnome, qui, paraît-il, vivait dans l’oppression...

 

Saloperies de racistes... La mention du NSPG lui rappela son fils et l’ELF. Dire que je me suis battu pour que le Grand Conseil existe... et voici ce qu’en fait mon fils. J’espère au moins qu’ils m’ont bien compris : je t’ai renié, enfant maudit. Puisses-tu n’être jamais venu au monde, toi et le Beau Prince...

 

Il se préparait à balancer par dessus bord l’ouvrage quand son bras fut agrippé brutalement. C’était Jedel qui regardait, comme envoûté, le livre.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda rudement Galç.

 

- C’est mon livre ! Il était dans ma Vaßtaß !

 

Galç lui jeta un coup d’œil sceptique et alarmé. Soit, un, il était un de ces petits fonctionnaires binoclars qui se préoccupait de la montée de ces sectes et essayait de les contrer par des rapports à la con, d’ailleurs il paraissait bien en avoir le physique : face palote, membres grêles et constitution d’apparence chétive, soit, deux, c’était un gars de l’ELF, qui se nourrissait de la propagande du NSPG pour justifier son combat... il en avait bien le mental : un fanatique des anciennes divinités elfes, ça se faisait rare. Soit, trois, c’était un attardé mental qui passait son temps dans les bibliothèques à lire. Il en avait et le physique et le mental. Galç lui donna son livre et retourna à ses vêtements. Presque secs. De son côté, Jedel replongea aussitôt dans une transe cataleptique pour remercier Mysdiin de ce miracle.  

 

Quand même, que ce livre ait été dans au sec alors qu’il était censé être en cendre, c’est étrange. Quoique... je suis bête. Une connerie pareille a dû tirée à des millions d’exemplaires. Peut-être qu’une gamine et venue le lire sur cet arbre. Sa mère la appelée, et l’a laissé dans le creux. Elle l’a oublié, et un orage est venu déraciner ce viykzay, emportant ce livre... À demi satisfait de son explication, il se rhabilla. Il avait déjà assez de mal à comprendre comment il s’en était sorti vivant pour se rajouter des devinettes.

 

 

par Bégot publié dans : hoffnringers
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